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Devisager la douleur : Traitement hypnotique d’une algie vasculaire de la face. Revue Hypnose & Thérapies Brèves 23. Par Jean-Pierre ALIBEU et Maud GENETIER



Devisager la douleur : Traitement hypnotique d’une algie vasculaire de la face. Revue Hypnose & Thérapies Brèves 23. Par Jean-Pierre ALIBEU et Maud GENETIER
A ce stade de la consultation, je pense en savoir assez pour démarrer la séance d’hypnose. Questionnée sur ce que représente celle-ci pour elle, elle dit n’avoir pas trop d’idées. Je justifie ma question par mon expérience qui m’a souvent montré que les personnes avaient peur avant leur première séance : d’être manipulées, de perdre le contrôle, mais aussi de ne pas réussir à entrer en transe. Ce qui la fait rire ! Elle me raconte que son père fait de l’hypnose : « Si lui il y arrive, je devrais y arriver aussi ! »
Je prends le temps de lui dire que la douleur est une des meilleures indications de cette approche, que depuis maintenant plusieurs années, on pratique des interventions chirurgicales avec accompagnement en hypnose, ce qui permet d’économiser une anesthésie générale. Que l’hypnose est avant tout une histoire de lâcher prise : « En hypnose, je ne vais pas chercher à lutter contre ce qui se passe, j’accueille ce qui vient dans le moment présent ici et maintenant, sans chercher à vouloir faire quelque chose ou à ne pas faire quelque chose, parce que souvent quand on a mal on se contracte et on se raidit en créant encore plus de tensions, ce qui va avoir tendance à augmenter la douleur. Ainsi rien qu’en se relâchant, il y a des choses qui se passent, et l’alliance de ce phénomène avec le mécanisme de l’hypnose apporte des solutions assez incroyables par rapport à la douleur. »

Ensuite, je lui précise que la première fois, j’aime bien partir sur un moment agréable pour le patient, et je lui demande ce que cela pourrait être pour elle. Elle me répond sans aucune hésitation : « Ma semaine en Tunisie. »
Je lui propose alors de poser ses mains sur ses cuisses, et de ne surtout rien faire pour m’aider. Je soulève alors alternativement sa main droite et sa main gauche par les poignets. Elle « m’aide » pendant la levée, et lorsque je lâche son poignet, elle retient la redescente. Je positionne alors mes mains sur mes cuisses et lui demande de me faire la même chose. L’interprétation qu’elle fait est étonnante puisqu’elle me dit : « Vous résistez là, vous trichez ! »
Moi de lui répondre : « Vous trouvez ? »
Elle : Oui
Moi : Je résiste en faisant quoi ?
Curieusement, elle ne me répond pas et continue, complètement absorbée, à me soulever alternativement le poignet droit et le poignet gauche, comme si elle se familiarisait avec la sensation de lâcher prise.
Au bout de quelques instants, tout en continuant, elle me dit : Non, ça va.
Moi : Et si je vous le refais à vous… (Je lui soulève à nouveau les poignets.) Qu’est-ce qu’il se passe quand je vous le fais à vous ?
Elle : Je suis molle.
Moi : Vous trouvez ? Qu’est-ce qui vous fait dire que vous êtes molle ?
Elle : Je ne sais pas ; j’ai l’impression d’être plus molle que vous.
Moi : Parce qu’en fait quand je vous demande de ne surtout pas m’aider, vous levez votre bras et donc vous m’aidez, alors fermez les yeux si ça vous aide.
Elle ferme les yeux et je continue. Son lâcher prise est plus net.
Moi : Vous sentez la différence ?
Elle (souriante) : Mm mm.
Moi : Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Elle : Mon bras est plus lourd
Moi : C’est plus confortable ?
Elle ne sait quoi répondre.
Moi : Qu’est-ce que ça implique dans le bras justement ?
Elle : Ce n’est pas moi qui fait l’effort
Moi : Ce n’est pas vous qui faites l’effort. (J’arrête le mouvement alternatif.)

Je lui propose de conserver ses yeux fermés, et de sentir ce qui se passe dans ses bras. Car comme je le lui indique, même si une partie d’elle ne le sait pas encore, ses bras viennent d’apprendre quelque chose de très important : parfois c’était plus confortable de laisser l’autre faire.
Elle réagit alors en me disant : Ça, ce n’est pas mon fort.
Moi : Vous avez du mal à laisser les autres faire, à déléguer ?
Elle : Je n’y arrive pas.
Moi : Vous me dites que vous n’y arrivez pas mais ce que je peux constater, c’est que vous avez appris à y arriver. Au démarrage je n’avais même pas besoin de soulever votre bras puisque vous le faisiez à ma place, et là vous avez appris à me laisser faire. Donc, là où vous pensiez ne pas être capable de faire, vous avez réussi en quelques secondes à dépasser tout ça. Je vous propose que l’on prenne le temps de sentir tout ce que ça a changé.
Je lui propose alors de prendre le temps de sentir ce que cela a déjà changé dans sa main droite et dans sa main gauche. Je lui fais remarquer qu’elle a les yeux fermés, et que lorsque les yeux sont fermés, on peut ressentir les choses d’une façon différente, plus subtile. Je fais un parallèle avec les personnes atteintes de cécité, capables de percevoir des choses qui échappent totalement au monde des « voyants ». Je l’encourage alors, avec ses yeux fermés, à prendre le temps d’observer et de ressentir les choses de façon différente. A sentir les sensations se modifier au fil des secondes qui passent. Je lui réexplique qu’être en hypnose, c’est simplement vivre ce moment présent, là, sans rien faire, et que c’est ça qui est confortable. Je reviens sur quelques apprentissages qu’elle a fait, tout ce qu’elle a appris à apprendre, et toutes ces choses qu’elle sait faire ou qu’elle a su faire sans savoir comment.
Je lui indique ensuite que je vais poser un doigt sur sa main droite et lui propose de se concentrer sur la sensation de ce toucher, puis d’y installer un apprentissage incroyable, quelque chose qui lui semblait impossible. Je lui explique qu’un apprentissage ça circule, ça évolue. Que lorsque qu’on a appris à faire une chose on sait finalement en faire plein d’autres. Je laisse la première image me venir et lui dis que lorsque l’on sait faire une pâte à crêpes on est tout aussi capable de faire une pâte à gaufres. Ça la fait sourire. Je l’encourage à laisser remonter tout ce savoir-faire dans son poignet, comme un courant qui circule. Je l’accompagne pour laisser ce flux remonter jusqu’à son visage tout en laissant sa respiration et cet apprentissage qui circulent se rencontrer.
La voyant plisser les yeux de plus en plus fort, je lui rappelle que si elle sent le besoin d’exprimer quelque chose elle a toute liberté de le faire.
Elle (se frotte la tête) : J’ai mal à la tête.
Moi : Vous avez mal à la tête, qu’est-ce que vous ressentez comme douleur ? Décrivez-la moi.
Elle a du mal à parler, je la sens prisonnière de sa douleur.
Moi : C’est un courant électrique ?
Elle : Oui.
Moi : Qui part d’où à où ?
Elle (faisant tout le tour de son œil droit en descendant jusque vers sa joue avec son doigt) : C’est par là, ça fait deux heures que ça me cherche.
Je lui propose alors de garder les yeux fermés, de laisser sa respiration passer et de se faire le plaisir de retourner en Tunisie.
Ses grimaces de douleur sont de plus en plus prononcées. Je lui propose de sentir l’air de sa respiration passer au niveau de son visage comme pour débloquer ce qui gêne, en énumérant différents endroits (le coin de l’œil, la tempe, la joue…).
Elle (soupirant) : il y en a trop.
Moi : Trop d’endroits ?
Elle : Je me contracte, je le sens et je n’y arrive pas.
Moi : Où est-ce que vous vous contractez ?
Elle (me montrant tout le côté droit de son visage) : J’ai tout qui est contracté, ma mâchoire me fait mal.
Moi : La mâchoire est tendue, essayez de mettre un peu plus de poids dans votre mâchoire en bas, comme si le menton pesait un petit peu plus lourd, et de sentir ce qui va permettre de changer un peu les choses, prendre le temps de changer juste la petite chose qui va modifier la sensation. » Je continue en accompagnant sa respiration, et au bout de deux minutes je lui demande si la douleur a déjà commencé à se modifier.
Elle (dans un soupir) : Pas franchement.
Moi : Qu’est-ce que vous ressentez ?
Elle : J’ai la joue qui commence à s’endormir.
Moi : Ça vous fait ça d’habitude ?
Elle : Oui.
Moi : Alors, on va faire autre chose. Et je mets en place une catalepsie au niveau de son bras droit. Je lui rappelle que cette main a tout à l’heure reçu un apprentissage, et qu’il pourrait être intéressant de venir déposer cet apprentissage là où il y en a besoin. Je travaille ensuite en suggestions indirectes pour induire une lévitation du bras, en utilisant des apprentissages de liberté, d’espace, et de légèreté. La lévitation se met en place rapidement, avec les petits mouvements saccadés très caractéristiques. Lorsque sa main atteint son visage au niveau de son œil droit, je lui indique que son inconscient vient de lui permettre de transmettre un apprentissage à cette partie d’elle-même. Elle est quelques minutes restée la main ainsi posée. Je lui ai alors proposé de remettre un peu de lourdeur dans son bras afin de retirer toutes les sensations désagréables. Ainsi, plus son bras descendait et s’éloignait de son visage, plus elle retirait les sensations inconfortables et éloignait la douleur.
Il a fallu plusieurs minutes, là encore, pour que le bras redescende totalement. Je lui dis qu’elle avait raison de prendre son temps, car parfois il était sage de prendre son temps.
Lorsque sa main s’est reposée sur sa cuisse, nous avons terminé la séance tranquillement.
Elle semblait reposée et apaisée. Lorsqu’on lui a demandé comment elle se sentait, elle a répondu qu’elle n’avait plus mal. Curieusement, elle disait toujours ressentir les impulsions électriques, mais sans aucune sensation douloureuse.

Commentaires

Aborder une séance d’hypnose avec un patient présentant une douleur sévère et résistante peut mettre l’opérateur dans une position inconfortable. La pression du résultat attendu peut amoindrir la capacité à lâcher prise pourtant indispensable à la conduite de toute séance.
Une forme de spirale d’échecs accompagne souvent le patient atteint de douleurs chroniques. Celle-ci peut amener le soignant à douter de la possibilité d’un soulagement. Comme s’il était à son tour happé par cette lourdeur ambiante.

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Rédigé le 27/03/2012 modifié le 27/03/2012
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