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  <title>Formation en Hypnose, EMDR Intégrative à Paris, Marseille, Bordeaux, Strasbourg. Formation EMDR-IMO, Hypnose et Douleur, Thérapies Brèves</title>
  <description><![CDATA[Formation en Hypnose Ericksonienne et Médicale. Formation en EMDR Intégrative, Thérapies Brèves. ]]></description>
  <link>https://www.hypnose-ericksonienne.org/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Société hypersexualisée, les conséquences sur la sexualité. Par Evelyne JOSSE Janvier 2013</title>
   <pubDate>Tue, 22 Jan 2013 23:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Evelyne JOSSE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[A Vos Plumes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/5149955-7685889.jpg?v=1358895758" alt="Société hypersexualisée, les conséquences sur la sexualité. Par Evelyne JOSSE Janvier 2013" title="Société hypersexualisée, les conséquences sur la sexualité. Par Evelyne JOSSE Janvier 2013" />
     </div>
     <div>
      <b>La liberté sexuelle</b>       <br />
              <br />
       Dans le monde occidental, la sexualité, longtemps contrainte par une morale rigoriste, s’est progressivement libérée depuis les années ’60 du siècle dernier. Cette révolution sexuelle a été favorisée par la découverte des antibiotiques dans les années ’40 permettant de guérir des maladies vénériennes autrefois mortelles, la large diffusion du préservatif dans le décours de la Seconde Guerre mondiale, la commercialisation de la pilule contraceptive dans les années ’60 ainsi que la médicalisation de l’avortement et l’assouplissement de son cadre légal dans les années ’70.       <br />
              <br />
            <span class="u">Quelques dates importantes</span>       <br />
          <span style="font-style:italic"> Inventé en 1855, le préservatif est produit en masse depuis les années ’30 du vingtième siècle. Son usage s’est répandu après la deuxième guerre mondiale, les soldats américains les ayant largement utilisés sur le conseil de leur hiérarchie soucieuse d’éviter la contamination des troupes par des maladies vénériennes comme ce fût le cas lors du premier conflit en 14-18.       <br />
              <br />
           Inventée en 1955, la première pilule est commercialisée aux Etats-Unis en 1960 et en Europe en 1961. Il faudra toutefois attendre la fin des années ’60 – le début des années ’70 pour que son usage se répande. Elle ne sera, par exemple, autorisée en France qu’en 1967. En Belgique, ce n’est qu’en 1973 qu’est levée la loi interdisant l’exposition, la publicité et l’information sur les moyens de contraception.       <br />
              <br />
           En Belgique, l’année 1973 marque un tournant décisif. La mobilisation s’organise après l’incarcération du gynécologue Willy Peers, inculpé pour avoir pratiqué plus de 300 avortements. Bravant la répression, des centres extrahospitaliers continuent de pratiquer des avortements et de militer en faveur de sa dépénalisation. En 1990, une loi dépénalisant partiellement l’interruption volontaire de grossesse est enfin votée. En France, la mobilisation commence en 1971 après que des personnalités du monde du spectacle, de la littérature et de la politique aient déclaré avoir avorté par le biais d’un manifeste publié par l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur ». Elle aboutit en 1974 au vote de la loi Weil dépénalisant l’avortement.</span>       <br />
              <br />
       <b> L’essor du porno</b>       <br />
              <br />
       Concomitamment, la pornographie, jusque là réservée à un public restreint et averti, s’est développée avec l’apparition des magazines masculins tels que Playboy (1954), Penthouse (1965) et Hystler (1974). Fin des années ’80, l’avènement d’internet a déclenché un essor exceptionnel de la pornographie. Elle s’est popularisée en raison de son accès aisé (depuis son domicile, en un clic de souris), anonyme (sans avoir à s’exposer au regard d’autrui en achetant un magazine ou en entrant dans un cinéma X) et peu coûteux, voire gratuit.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Le premier numéro de Playboy sort en décembre 1953. Le succès est immédiat. 50.000 exemplaires sont vendus en moins de quelques semaines.</span>       <br />
              <br />
       <b>La pornographisation de la société occidentale</b>       <br />
              <br />
       La dernière décennie du 20ième siècle a vu apparaître ce que Richard Poulin, sociologue à l’Université d’Ottawa, nomme la « pornographisation », soit la propagation de stéréotypes pornographiques dans la publicité (réduction de la femme à ses attributs sexuels avec valorisation de la bouche, des seins et des fesses), la littérature (scènes sexuelles décrites crûment dans des ouvrages sans étiquette érotique ni pornographique), la télévision (ébats       <br />
       sexuels dans des films grand public, banalisation de l’usage des sex toys dans les séries télévisées, relations homme-femme teintées de violence et de soumission dans les clips vidéo de musique, etc.), la presse écrite (magazines féminins exhortant leurs lectrices à se « décomplexer » et à pimenter leur vie sexuelle en se livrant à des pratiques libertines, promotion du « porno chic »), la mode (poitrine généreuse et lèvres pulpeuses, piercing et tatouage, vêtements sexy tels que string ou cuissardes, T-shirts imprimés de slogans à connotation sexuelle, etc.), etc.       <br />
              <br />
       Cette pornographisation n’a cessé de gagner du terrain. Elle est tellement présente aujourd’hui qu’elle semble normale, voire ordinaire. Par exemple, l’épilation totale du pubis, en vogue depuis la fin des années quatre-vingt, est inspirée par le sexe glabre des actrices de films X. Cette mode s’est diffusée grâce au boom de la pornographie provoqué par l’avènement d’internet et est aujourd’hui largement adoptée tant par les jeunes filles que par les femmes matures. Or, les partisans de l’épilation pubienne ignorent souvent cette origine et l’argumentent par des raisons esthétiques, hygiéniques, etc.       <br />
              <br />
       <b>Les effets sur la sexualité</b>       <br />
              <br />
       L’exposition permanente à la culture pornographique n’est pas sans effet sur les comportements sexuels. La pornographisation promeut l’érotisation des filles et des femmes les poussant à séduire par la mise en valeur sexuelle de leur personne (vêtements sexy, augmentation du volume des seins et des lèvres, tatouage, piercings, etc.). La pornographie, essentiellement axée sur le plaisir masculin et la soumission de la femme, met en scène des pulsions exhibitionnistes, sadiques et masochistes. En aiguisant et en banalisant de telles tendances, en sous-entendant que le corps des filles et des femmes peut être utilisé, exploité, vendu et agressé, elle influence et modélise les comportements sexuels. Les limites entre vécue, fantasmes, perversion et prostitution deviennent floues, voire disparaissent. Sexualité vécue, fantasmes, perversion et prostitution deviennent floues, voire disparaissent.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Manon a 18 ans. Elle a déjà eu des relations sexuelles avec plus de 15 partenaires. Elle explique : « Moi, j’aime bien quand les hommes sont un peu salaud. Un garçon trop gentil, un garçon qui est à mes pieds, ça m’ennuie. Un garçon trop gentil, ce n’est pas un vrai mec.        <br />
              <br />
       Si je lui envoie un message et qu’il répond tout de suite, je n’aime pas, ça me donne l’impression que c’est un mou et que je peux faire ce que je veux avec lui. S’il ne répond pas tout de suite, je me demande pourquoi, je me demande s’il est avec une autre, s’il est en train de me tromper, je me demande s’il va me laisser tomber, je stresse et alors, je me sens amoureuse et je cours derrière lui. Quand je suis avec lui et qu’il drague un peu les filles, j’aime bien. Je suis jalouse mais je sens que c’est un vrai mec, et ça, j’aime bien. J’ai besoin qu’un mec me recadre.        <br />
              <br />
       Si je joue avec ses pieds et qu’il ne dit rien, ça m’énerve. J’ai besoin qu’il me dise : « Bon, maintenant, ça suffit, tu te calmes ou je fous le camp ». J’ai été avec Quentin pendant un an. Il me trompait avec mes copines. J’étais folle amoureuse de lui et avec Maxime qui fait tout pour moi, je m’ennuie... Je pense que je vais le quitter. Au lit aussi, j’aime bien les trucs un peu forts.        <br />
              <br />
       Un garçon trop gentil qui veut me faire plaisir, je trouve que ce n’est pas viril ! Je fais parfois des trucs que je n’ai pas envie de faire parce que le mec qui est un peu salaud, tu as toujours peur qu’il te quitte, surtout s’il te dit : « Ta copine, elle est pas mal. J’ai bien vu que je lui plaisais » et des trucs du genre. Quentin, un jour que je ne voulais pas qu’il me sodomise, il m’a balancé : « Je suis sûr que ta copine, elle, elle aime ça. Toi, tu es un peu coincée du cul ». Alors, j’ai accepté. »       <br />
       </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Charlotte a 17 ans aujourd’hui. Elle raconte son expérience : « J’avais 14 ans et Florian 16. Il était avec son ami et on a fait l’amour à trois. Je faisais une pipe à son copain pendant que lui, il faisait ses trucs derrière... dans les deux trous... J’ai voulu me prouver que je n’étais pas nulle. Je me disais que c’était peut-être normal et       <br />
       que toutes les femmes passent par là. Je me disais que c’était peut-être moi qui me faisais des films. C’était ma première fois, je ne savais pas. Maintenant, j’ai 17 ans et je sais que ce n’est pas tout à fait normal. Je n’ai rien dit à personne. Ca m’arrive de croiser Florian mais je fais comme si tout allait bien, comme si tout ce qui s’était       <br />
       passé était normal, que je m’en fous. Je ne veux pas perdre la face... ».</span>       <br />
              <br />
              <br />
       L’hypersexualisation de la société occidentale exerce une forte pression sur les jeunes débutant leur vie sexuelle mais également sur les adultes. Au cours du temps, ces derniers peuvent voir leur sexualité influencée par les codes et les moeurs de la pornographie. Certains hommes ne trouvent plus satisfaction dans les relations intimes qu’ils entretenaient jusque-là avec leur partenaire, la dynamique de leur désir étant aliénée par les scénarios empruntés à la pornographie. Sous l’influence des médias et de la pornographie, les femmes peuvent, elles aussi, se sentir frustrées par leur sexualité et vouloir imposer de nouvelles pratiques dans leur couple. Notons toutefois que ces cas sont moins fréquents et généralement mieux accueillis par le partenaire.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Nathalie, une femme de 40 ans, témoigne : « J’aime mon mari. On s’entend très bien. On a toujours eu des relations épanouissantes. Enfin, c’est ce que je croyais… Depuis que j’ai tout découvert (la relation extraconjugale), ce n’est plus que du « hard sex ». Ca ne se passe plus que comme ça. Je ne peux pas dire que je       <br />
       n’y prends pas de plaisir. J’y prends du plaisir mais ce qui ne me convient pas, c’est que ça ne se passe plus que comme ça. On ne fait plus l’amour, on baise. Maintenant, c’est le sexe pour le sexe. On a fait l’amour à trois et maintenant, il voudrait que ce soit moi qui trouve une femme et qui l’amène dans notre lit. Moi, je ne suis pas       <br />
       du tout demandeuse, c’est lui qui veut ça mais il attend de moi que j’organise tout. Il veut toujours plus. Il veut toujours aller plus loin. Il n’a pas de limite. Je me suis posée la question de savoir si je voulais rester avec lui. Pendant quinze jours, je ne savais pas trop mais maintenant, je sais. Je l’aime et je veux rester avec lui. Lui       <br />
       aussi, il m’aime et il souffre de me voir souffrir mais ses pulsions pour ce type sexualité, c’est plus fort que lui. Il dit qu’il veut d’autres femmes. Alors, il me propose de participer… Si j’accepte tout ça, c’est parce que je sais qu’il m’aime… mais je ne sais pas si je vais y arriver… »</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Evelyne Josse</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.resilience-psy.com">www.resilience-psy.com</a>       <br />
              <br />
       Psychologue clinicienne, psychothérapeute en consultation privée (hypnose éricksonnienne, EMDR, thérapie brève Palo Alto, EFT), formatrice en psychotraumatologie.       <br />
              <br />
       Auteur des livres Le traumatisme psychique chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent, de Boeck, coll.        <br />
       « Le point sur » paru en 2011,        <br />
       Le pouvoir des histoires thérapeutiques.        <br />
       L’hypnose éricksonienne dans la guérison des traumatismes psychiques, La Méridienne/Desclée De Brouwer publié en 2007,        <br />
       Interventions en santé mentale dans les violences de masse, écrit en collaboration avec Vincent Dubois, publié en 2009, de boeck.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Diffusé par hypnose-ericksonienne.org</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/imagette/5149955-7685889.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hypnose-ericksonienne.org/Societe-hypersexualisee-les-consequences-sur-la-sexualite-Par-Evelyne-JOSSE-Janvier-2013_a487.html</link>
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   <title>Lorsque le corps met l'âme en appétit. Revue Sexualité Humaines</title>
   <pubDate>Fri, 04 Feb 2011 12:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hannah TEBOUL</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Revue Sexualités Humaines]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   De deux manières de pécher avec délice… Nous allons voir comment l’éclairage philosophique permet d’aborder les liens entre tempérance et démesure, plaisir de la chair et de la « bonne chair », jouissance et excès…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/2669610-3771889.jpg?v=1296819068" alt="Lorsque le corps met l'âme en appétit. Revue Sexualité Humaines" title="Lorsque le corps met l'âme en appétit. Revue Sexualité Humaines" />
     </div>
     <div>
      La nourriture et la sexualité, mais aussi l’amour, sont classiquement associés.       <br />
              <br />
       Freud établit une analogie entre la libido et la faim (1).        <br />
              <br />
       La psychanalyse met même en lumière des liens entre la phase orale du développement psycho-sexuel de l’enfant et certains comportements alimentaires ainsi que sexuels et amoureux à l’âge adulte. Plus, la pulsion sexuelle serait dérivée, par étayage, de la pulsion d’autoconservation liée au besoin de nourriture.        <br />
              <br />
       Ainsi peut-on opérer des rapprochements entre le registre du sexuel et celui de l’alimentaire, en parlant par exemple d’appétit sexuel comme on parle de l’appétit comme désir de manger.       <br />
              <br />
       Mais les connexions entre le sexuel et l’alimentaire sont bien antérieures à la psychanalyse. Que l’on songe au Banquet de Platon, dialogue sur Eros au cours d’un dîner organisé par le poète Agathon qui fête son succès à un concours de tragédie (2). Par ailleurs, les vases attiques représentaient souvent, à partir du VIe siècle avant J.-C., des scènes orgiaques mêlant pratiques sexuelles et beuverie lors de banquets et fêtes dionysiaques.       <br />
              <br />
       Plus tard, au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin fixa la liste de sept péchés dits capitaux, desquels dérivent tous les autres. Parmi eux figurent la gourmandise et la luxure (le plaisir sexuel pour lui-même).       <br />
       Sexualité et gourmandise se sont ainsi non seulement trouvées associées depuis l’Antiquité, mais également condamnées pour ce qu’elles signifient d’excès. Si pour la religion catholique elles sont des péchés, c’est parce qu’elles signent l’emprise du corps sur l’âme, l’impureté du plaisir de la chair qui corrompt l’esprit.       <br />
              <br />
       La gourmandise selon Epicure       <br />
       Associée à des plaisirs suspects, la gourmandise est souvent considérée comme un défaut. Plus précisément, elle est vue comme un excès et s’oppose à la tempérance. Chez nombre de philosophes grecs, la tempérance (sophrosune) fait partie des vertus humaines, dont le contraire est la démesure (húbris). Plutôt que de se laisser aller à ses passions, la vertu de tempérance consiste à contrôler celles-ci par la raison et la volonté.        <br />
              <br />
       Même pour le philosophe Epicure, souvent vu, à tort, comme un bon vivant, il en est ainsi. S’il est confondu avec un jouisseur (tel le philosophe grec Aristippe de Cyrène, par exemple), en particulier concernant le boire et le manger, c’est parce qu’il fait du plaisir le premier des biens, s’inscrivant ainsi dans la tradition hédoniste.        <br />
              <br />
       Mais le plaisir s’entend avant tout, chez lui, comme une absence de douleur (ataraxie) : « Quand (…) nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs des voluptueux inquiets, ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens.        <br />
              <br />
       Le plaisir dont nous parlons est celui qui consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à être sans trouble » (3). Concernant plus particulièrement la nourriture, voilà ce qu’il dit : « … Des mets simples donnent un plaisir égal à celui d’un régime somptueux si toute la douleur causée par le besoin est supprimée, et, d’autre part, du pain d’orge et de l’eau procurent le plus vif plaisir à celui qui les porte à sa bouche après en avoir senti la privation.        <br />
              <br />
       L’habitude d’une nourriture simple et non pas celle d’une nourriture luxueuse, convient donc pour donner la pleine santé, pour laisser à l’homme toute liberté de se consacrer aux devoirs nécessaires de la vie, pour nous disposer à mieux goûter les repas luxueux, lorsque nous les faisons après des intervalles de vie frugale, enfin pour nous mettre en état de ne pas craindre la mauvaise fortune. » (ibid.)       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est que, selon Epicure, il existe différentes catégories de plaisirs et de désirs : ceux qui sont naturels et nécessaires, ceux qui sont naturels mais non nécessaires, et ceux qui sont vains. Parmi les désirs et plaisirs naturels et nécessaires, on compte ceux qui sont nécessaires à la vie, comme boire et se nourrir.        <br />
              <br />
       Mais pour répondre à cette nécessité naturelle, il suffit de boire et de manger suffisamment. Ainsi, manger plus que nécessaire, par gourmandise, n’est pas préconisé. En effet, Epicure défend un savant calcul entre les plaisirs, dont le but est de conduire au bonheur comme repos de l’âme et du corps, absence de souffrance.        <br />
              <br />
       Il n’y a pas de plaisir du corps, car le plaisir est un sentiment ressenti par l’âme. En revanche, le plaisir au niveau de l’âme peut être produit par l’équilibre trouvé au niveau du corps. Ainsi en est-il de manger à sa faim.       <br />
       Trop manger peut procurer du plaisir, mais en créant un déséquilibre, un excès au niveau du corps. Le plaisir peut donc avoir des effets néfastes et être source de douleurs à venir. Le but de la vie bienheureuse étant la santé du corps et la sérénité de l’âme, le calcul des plaisirs doit se rapporter à ses buts.        <br />
              <br />
       On peut penser ici aux cas d’obésité dus à un excès régulier de nourriture. Le plaisir ressenti à manger peut être grand, et répété aussi souvent que désiré. Mais au bout du compte, les effets sur la santé sont néfastes : problèmes articulaires et de dos à cause d’un poids trop important, risques cardio-vasculaires, diabète, hypertension artérielle, complications respiratoires…       <br />
              <br />
       On peut pousser plus loin et parler également des bénéfices psychologiques que peut procurer la nourriture. Epicure en parle à sa façon, en introduisant la notion de dépendance. Lorsque le manque se fait sentir, on cherche à le combler, et l’on est ainsi dépendant du plaisir, dont l’absence nous torture. Il y a alors un besoin de plaisir.        <br />
              <br />
       Pouvoir être autosuffisant, au sens où l’on est capable de se contenter du minimum, est, selon le philosophe grec, le remède à cette dépendance. Et c’est parce que l’on sait se contenter du minimum, par exemple du strict nécessaire à la vie concernant la nourriture et la boisson, que l’on peut d’autant plus apprécier l’abondance lorsqu’elle est là.        <br />
              <br />
       Mais si l’on est dépendant, et que manger devient un besoin au-delà de ce que le corps nécessite, alors c’est que le plaisir procuré de la sorte répond à autre chose qu’une nécessité naturelle, et vient combler un manque psychologique. On sait d’ailleurs aujourd’hui combien la nourriture, comme l’alcool (mais aussi la cigarette), par ailleurs rapportés à la pulsion orale dans la perspective psychanalytique, peuvent jouer un rôle antidépresseur par rapport à un sentiment de vide, face à un manque qui fait angoisse.        <br />
              <br />
       Cette dernière se trouve calmée par le fait de manger, de boire ou de fumer, mais sans vraiment répondre au fond du problème, et en générant des souffrances à court, moyen ou long terme (problèmes de santé). Mauvais calcul, donc, dans l’optique épicurienne.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/2669610-3771906.jpg?v=1296819083" alt="Lorsque le corps met l'âme en appétit. Revue Sexualité Humaines" title="Lorsque le corps met l'âme en appétit. Revue Sexualité Humaines" />
     </div>
     <div>
      <b>Gourmandise et sexualité selon Aristote</b>       <br />
              <br />
       A la gourmandise, perçue comme un excès, s’oppose donc la tempérance, vertu centrale dans la Grèce antique. Dans son Ethique à Nicomaque, Aristote oppose clairement l’excès relativement à la nourriture, à la vertu de la tempérance (4).       <br />
              <br />
        De plus, il rapproche cet excès des plaisirs de l’amour. Selon lui, il existe des plaisirs de l’âme d’un côté, et des plaisirs du corps de l’autre. Or, on ne parle pas de tempérance ni d’intempérance relativement à tous les plaisirs, mais seulement par rapport à ceux du corps. C’est une différence avec Epicure, pour lequel il n’y a que des plaisirs de l’âme.        <br />
              <br />
       Cependant, la conception de l’âme chez Epicure s’inscrit dans la philosophie atomiste antique, pour laquelle l’âme est un composé d’atome, c’est-à-dire d’éléments matériels. L’étude de l’âme est donc une branche de la physique, comme pour Aristote. Mais chez ce dernier, on ne trouve pas la notion d’atome, et on retrouve l’idée de vie : l’âme est ce qui anime (anima en latin), ce qui fait l’essence (la forme) du corps (la matière), sans laquelle le corps n’est rien.        <br />
              <br />
       Il ne s’agit donc pas de considérer les plaisirs de l’âme chez Epicure de la même manière que ceux chez Aristote, puisque ce que l’un et l’autre entend par « âme » n’a pas le même sens, et ce d’autant moins qu’existe chez ce dernier la notion d’âme intellective, séparée du corps, et que d’aucuns ont interprété comme la marque du divin en l’humain.       <br />
              <br />
       Contrairement à Platon, Aristote ne part pas du concept des choses, il ne cherche pas l’idée de celles-ci dans leur essence ; il part de l’expérience, de ce qui s’observe habituellement. Et il s’observe que ceux qui s’adonnent aux plaisirs de l’âme ne sont dits ni tempérants ni intempérants. Ces qualificatifs sont réservés aux plaisirs du corps.        <br />
              <br />
       Mais pas à tous. Les plaisirs corporels passent par les sens : vue, ouïe, odorat, goût, toucher. Or, les plaisirs de la vue, de l’ouïe ou de l’odorat ne sont dits ni tempérants ni intempérants, comme le plaisir de voir des couleurs, d’écouter de la musique ou de sentir des roses. Certes, ces sens peuvent donner lieu à des excès ou des défauts, mais qui ne s’appellent pas intempérance. Et s’ils donnent lieu à des vertus, ce n’est pas à celle de la tempérance.        <br />
              <br />
       Ainsi que le dit Thomas d’Aquin dans son commentaire d’Aristote, les vices qui peuvent se rapporter à ces trois sens manquent de véhémence pour relever de l’intempérance. Certes, Aristote introduit la notion d’intempérance alors qu’il évoque l’odorat. Cependant, ce n’est pas dans le plaisir des odeurs pour elles-mêmes qu’il peut être question d’intempérance, mais seulement par dérivation de l’odorat vers le goût ou le toucher.       <br />
              <br />
        Ainsi, se délecter de respirer le fumet des plats, tout comme celui de respirer les parfums de toilette, est le fait des intempérants en ce que ce qu’ils sentent leur évoque l’objet de leur désir, qui n’est pas l’odeur en tant que telle, mais autre chose qu’elle leur rappelle. Plus précisément, il s’agit de leur désir de manger et de leur désir sexuel, qui se rapportent aux sens du goût et du toucher.       <br />
              <br />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Sexualité et Pornographie, Lien et Séparation dans le Couple</title>
   <pubDate>Thu, 07 Jan 2010 12:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hannah TEBOUL</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Revue Sexualités Humaines]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   A travers deux exemples cliniques, nous allons aborder comment la pornographie peut être facteur de lien et de séparation dans le couple.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/1802527-2454471.jpg?v=1289548192" alt="Sexualité et Pornographie, Lien et Séparation dans le Couple" title="Sexualité et Pornographie, Lien et Séparation dans le Couple" />
     </div>
     <div>
          Nous essaierons de montrer quels sont les liens intra-psychiques ou interindividuels qui entrent en jeu dans la relation au sein du couple, par l’intermédiaire de l’objet pornographie – qu’il soit écrit ou visuel (iconique ou cinématographique) -, et qui viennent enrichir ou détériorer le lien du plaisir et de l’amour entre deux partenaires.       <br />
              <br />
           <span class="u">Jacques et Julie</span>       <br />
              <br />
           Jacques et Julie ont douze ans de vie commune. Ils sont âgés, lui, de 47 ans, et elle, de 44 ans. Cadres supérieurs dans une entreprise, ils sont divorcés tous les  deux. Ils ont ensemble deux enfants de 11 et 8 ans (ils n’avaient pas d’enfants de leur précédent mariage). Ils sont cadres supérieurs tous les deux. Ils se sont rencontrés en boîte de nuit. Leurs relations sexuelles, très riches et très variées, sont « suffisamment bonnes ».       <br />
              <br />
           Tous deux, dans leur précédent couple, ont fréquenté les lieux échangistes. Tous deux ont eu des expériences d’homosexualité, des relations avec trois ou quatre partenaires. Depuis longtemps, ils ont utilisé, l’une et l’autre, les supports pornographiques (livres et photos, ainsi que les supports vidéo, visite des sites sur Internet), notamment, pour se masturber pendant leur adolescence, et plus tard dans leurs périodes de solitude.       <br />
              <br />
         
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
        A l’occasion de fêtes ou d’anniversaire, ou pour un cadeau surprise, ils s’offrent des DVD ou de la littérature pornos qui sont très appréciés. Ils les lisent, les  visionnent ensemble, ce qui les met dans des états d’excitation les conduisant à faire l’amour très souvent.       <br />
              <br />
           Progressivement, dans le couple, le support vidéo va devenir comme une drogue. Ils ne peuvent plus avoir d’orgasmes « vrais », comme ils disent, sans la vision des images d’un film, qu’ils essaient de reproduire, parfois, co-simultanément, par mimétisme, dans leur acte sexuel, comme si le film était pour eux une sorte de guide ou de manuel d’instructions qu’ils doivent, impérativement, suivre à la lettre. Sans le support vidéo, leur relation sexuelle devient fade et sans attraits.       <br />
              <br />
           Ainsi la vidéo triangule la relation entre Jacques et Julie. Le rapport interindividuel passe par l’introjection commune des images à l’écran. Ces images à l’écran introduisent un clivage intérieur, puisqu’ils sont, à la fois, et dedans et dehors. En prenant une phrase de Jacques Lacan, on peut dire qu’ils sont « en exclusion interne à leur objet ». Mais pour eux, c’est un message vecteur portant et nourricier, même s’ils sont divisés entre cette image à laquelle ils veulent s’identifier – et qu’ils ne sont pas - et cette sensation physique interne qu’ils ressentent - mais qui n’est pas celle des acteurs à l’écran. On peut dire ici que c’est la dimension imaginaire, médiatisée par ce support réel, qui reste prépondérante, puisque, si elle disparaît, l’intensité de la relation sexuelle disparaît aussi.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/1802527-2454477.jpg?v=1289548192" alt="Sexualité et Pornographie, Lien et Séparation dans le Couple" title="Sexualité et Pornographie, Lien et Séparation dans le Couple" />
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      <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/">Pour lire la suite cliquez ici</a>
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