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  <title>Hypnose Ericksonienne &amp; Thérapies Brèves, EMDR Intégrative, Formation en Hypnose, EMDR à Paris, Marseille, Bordeaux, Nancy, Strasbourg. Formation EMDR-IMO</title>
  <description><![CDATA[Hypnose Ericksonienne et Médicale. EMDR Intégrative, Thérapies Brèves. Formations et articles.]]></description>
  <link>https://www.hypnose-ericksonienne.org/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-18T15:52:31+02:00</dc:date>
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   <title>EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines</title>
   <pubDate>Fri, 28 Oct 2011 23:11:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Laurent GROSS</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Revue Sexualités Humaines]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   De façon très pratique et basé sur deux cas cliniques, ce travail dans la suite de la saison 1 va nous permettre d’intégrer les mécanismes pratiques utilisables de l’EMDR dans les traumatismes liés à la sexualité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/3392672-4876057.jpg?v=1319836215" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.hypnose-ericksonienne.org/EMDR-et-prise-en-charge-du-psychotraumatisme-Revue-Sexualites-Humaines-par-Cyril-Tarquinio_a371.html">* Lire la Saison 1</a>       <br />
              <br />
       <b>1- La procédure de la thérapie EMDR</b>       <br />
              <br />
       La thérapie EMDR s’appuie sur de nombreux facteurs déjà utilisés par d’autres approches, comme les TCC, les approches psychodynamiques ou encore l’hypnose éricksonienne.        <br />
              <br />
       <span class="u">Présentation du protocole EMDR de base (tiré de Shapiro, 2007)</span>       <br />
              <br />
       <b>Introduction</b> : construire un rapport de confiance comme dans tout cadre thérapeutique. Expliquer la thérapie EMDR        <br />
              <br />
       <b>Positionner</b> la démarche et la technique (signal stop, distance des doigts par rapport aux yeux, rapidité des mouvements, installation d’un lieu sûr ).       <br />
              <br />
       <b>Détermination de la cible ou du souvenir traumatique qui sera traité</b>       <br />
        « Sur quelle situation voulez-vous travailler aujourd’hui ? »       <br />
       « Quelle image représente la partie la plus difficile de cet incident ou événement ? »       <br />
              <br />
       <b>Cognition négative (CN).</b> « Quand vous regardez cette image, quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit qui disent quelque chose de négatif sur vous et qui résonnent comme vrais maintenant ? »       <br />
       Cognition positive et évaluation de la cognition       <br />
        « Plutôt que (reprendre la cognition négative), quand vous regardez cette image (ou situation), qu’est-ce que vous préféreriez penser de vous-même maintenant ? »       <br />
              <br />
       <b>Validité ou crédibilité de la cognition positive</b> (notée VOC sur une échelle de 1 à 7). « Quand vous pensez à cette image (ou situation), dans quelle mesure ressentez-vous comme vrais ces mots (répétez la cognition positive), maintenant ? Sur une échelle de 1 à 7, avec 1 étant le niveau le plus bas (tout à fait faux) et 7 le niveau le plus haut (tout à fait vrai), quelle valeur lui donneriez-vous ? »       <br />
              <br />
       <b>Emotion, tension et localisation</b>       <br />
       Détermination de l’émotion (ou des émotions) associée(s) : « Quand vous pensez à cette image (ou situation) et à ces mots (répétez la cognition négative), quelle(s) émotion(s) éprouvez-vous maintenant ? »       <br />
              <br />
       <b>Tension ou mesure du SUD</b>  « Sur une échelle de 0 à 10, où 0 signifierait aucune perturbation et 10 le plus haut niveau de perturbation que vous puissiez imaginer, à combien évaluez-vous la perturbation que vous ressentez maintenant ? »        <br />
              <br />
       <b>Localisation de la sensation corporelle</b> « Où ressentez-vous cette tension dans votre corps ? »       <br />
              <br />
       <b>Désensibilisation et réévaluation du SUD</b>       <br />
       Mise en œuvre des séries de mouvements oculaires : « Je voudrais que vous laissiez revenir cette image, ces mots (répétez la cognition négative) et cette sensation dans votre corps. Maintenant suivez le mouvement de mes doigts avec vos yeux… »       <br />
              <br />
       <b>Réévaluation du SUD</b> « Retournez à l’incident initial. Qu’obtenez-vous maintenant ? » Répéter la procédure jusqu’à ce que le SUD soit égal à 0.       <br />
              <br />
       <b>Installation</b>       <br />
       <b>Mise en lien de la cognition positive avec la cible. </b>« Les mots (répétez la cognition positive) sont-ils toujours les plus adaptés ou y a-t-il une autre formulation qui correspondrait mieux maintenant à ce que vous souhaitez ? »       <br />
       « Pensez à la situation initiale et à ces mots (énoncer la cognition positive choisie). Dites-moi à quel point vous ressentez ces mots comme vrais maintenant ? »       <br />
       « Gardez-les ensemble ! » Reprendre les mouvements oculaires et après chaque série vérifier la VOC.       <br />
       Continuez l’installation aussi longtemps que le matériel se modifie et devient plus adapté.        <br />
              <br />
       <b>Body scan ou scanner du corps</b> « Fermez les yeux. Concentrez-vous sur la situation et les mots (énoncer la cognition positive) et passez en revue mentalement votre corps en entier. Dites-moi où vous ressentez quelque chose ? » Si une sensation est mentionnée, faire des mouvements oculaires (spécifiques selon que la sensation et positive ou négative).       <br />
              <br />
              <br />
       Pendant une séance de thérapie EMDR, il est demandé au patient de bouger les yeux de gauche à droite, à un rythme régulier, tout en pensant à des éléments d’un souvenir traumatique.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/3392672-4876058.jpg?v=1319836649" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" />
     </div>
     <div>
      <b>2- Présentation synthétique de cas cliniques et traitement par la thérapie EMDR</b>       <br />
       La transcription partielle d’une séance d’EMDR illustrera le processus présenté plus haut.        <br />
              <br />
       - <b>Francine</b> a fait l’objet d’attouchement de la part de son grand-père alors qu’elle avait 13 ans. La cible choisie est une situation bien précise localisée dans le temps - vers midi, alors que la grand-mère partait toujours à la même heure faire quelques courses (dans un magasin tout proche) - et dans l’espace (dans la cave) où son grand-père avait abusé d’elle. D’autres formes de stimulations (auditives ou tactiles par des tapotements sur les mains) sont parfois utilisées à la place de la stimulation visuelle.       <br />
              <br />
       Le patient doit spécifiquement évoquer dans son esprit l’image d’un des aspects pénibles de l’événement passé (exemple : l’haleine de son grand-père, le rythme de sa respiration). Le thérapeute l’aide à focaliser son attention sur la dimension visuelle de la représentation traumatique qui est la plus intensément associée avec l’affect. Le patient énonce alors une conviction (cognition) négative qu’il a de lui-même et qui résulte de cet événement (exemple : je suis impuissante ou je ne peux rien faire). Cette cognition est négative parce que le sentiment d’impuissance est inapproprié ; elle est enkystée dans le système nerveux alors que le danger est dans le passé.        <br />
              <br />
       Le patient identifie également l’affect précisément relié à l’image (exemple : la peur, la colère, la tristesse) et évalue son intensité sur une échelle de 0 à 10 appelée le SUD (Subjective Unit of Distress : unité de détresse ressentie). En même temps, le thérapeute l’aide à identifier les sensations physiques se manifestant dans son corps (exemple : oppression dans la poitrine, mains froides…) et qui accompagnent ces images, pensées et émotions.       <br />
              <br />
       Le thérapeute et le patient définissent ensemble une direction pour la thérapie en identifiant aussi une cognition positive. Cette phrase doit contenir un sentiment interne de maîtrise. Cette cognition répond à la question : « Quand vous vous voyez dans cette situation, que préféreriez-vous penser de vous-même à la place de la croyance négative que vous venez d’énoncer ? » Le patient doit alors évaluer le degré de conviction qu’il associe à cette pensée positive : à quel point il la ressent comme vraie (par exemple : je ne crains plus rien aujourd’hui). Cette évaluation de la validité de la cognition positive (validity of cognition –VOC – qui va de 1 à 7) ainsi que le SUD permettent au thérapeute d’estimer le degré atteint dans la résolution du trauma, et la progression au cours du traitement vers une interprétation plus « adaptative » de l’événement traumatique.        <br />
              <br />
       Après cette phase initiale, le patient va se centrer sur les émotions et les sensations perturbantes du patient (c’est la phase de désensibilisation). Il va alors suivre des yeux le déplacement bilatéral de la main du thérapeute entre la gauche et la droite. Ces séries de mouvements latéraux durent de 20 secondes à quelques minutes, en fonction de la réaction émotionnelle du patient. Lors de cette phase, on trouve toutes les réactions de la personne. Il peut s’agir de souvenirs, de prises de conscience, ou d’associations diverses. C’est à chaque pause, entre chaque série de mouvements bilatéraux, que le patient rapporte « ce qui lui est venu » pendant la période d’attention flottante qui accompagne les mouvements oculaires.        <br />
              <br />
       Le patient porte alors son attention sur la nouvelle information, sensation ou prise de conscience et le thérapeute recommence une autre série de mouvements. Le thérapeute se retient de demander des clarifications ou des précisions sur ce que le patient rapporte. De même, il n’en donne aucune interprétation. Il continue simplement de ramener l’attention du patient sur le matériel révélé par la stimulation et amorce une nouvelle série de mouvements jusqu’à ce que les associations ne suscitent plus de changements ou jusqu’à ce que seulement des associations et sensations positives soient rapportées.        <br />
              <br />
       Entre les séries de mouvements oculaires, le patient parle normalement au thérapeute, décrivant généralement ce qui s’est passé pour lui pendant la stimulation. Le patient décrit ce qu’il a vu ou ressenti pendant la stimulation, un peu comme s’il s’agissait d’une rêverie concentrée. Le travail est amorcé par un événement précis ou un affect particulier, mais au fur et à mesure des mouvements oculaires, d’autres associations à d’autres événements surgissent, des pensées sur soi ou même des scénarii imaginaires. L’état émotionnel se modifie rapidement, au rythme des changements d’associations cognitives. En fonction de l’évolution du niveau de SUD et de VOC donné par le patient, le thérapeute peut ensuite décider de pousser plus loin le traitement de l’événement initial ou de commencer à traiter d’autres aspects du traumatisme. La succession des séries de stimulations tend à désamorcer les ruminations obsédantes couramment constatées chez les patients souffrant d’ESPT.       <br />
              <br />
       On appelle « installation » la phase suivante de la thérapie EMDR, parce qu’elle a pour but d’installer l’opinion ou la cognition positive (exemple : je suis capable de reprendre ma vie en main) identifiée par la personne afin de remplacer son opinion négative (exemple : je me sens impuissant) de départ. Pendant la phase de désensibilisation, le patient réélabore la terreur de l’événement qui l’a traumatisé et il prend conscience que maintenant les choses ont changé et qu’il dispose de forces et de ressources nouvelles qu’il n’avait pas alors en sa possession : « Je suis capable de reprendre ma vie en main. » On mesure alors avec le VOC le degré d’adhésion de la personne à cette opinion positive (sur une échelle de 0 à 7).       <br />
              <br />
       La phase suivante est le « scanner du corps ». Quand la cognition positive a été renforcée et installée, le thérapeute demande à la personne de garder à l’esprit l’événement-cible d’origine et de vérifier si elle ressent des tensions résiduelles dans le corps. Si c’est le cas, on se concentre sur ces sensations physiques (tensions dans le ventre, nœud dans la gorge, oppressions de la poitrine…) pour les retravailler.        <br />
              <br />
       Van der Kolk (1994) a montré que la plupart du temps les pensées traumatiques s’accompagnaient d’une véritable résonance physique. Le traumatisme serait comme emmagasiné dans la mémoire motrice et non dans la mémoire narrative, et que la personne conserve les émotions et les sensations physiques négatives de l’événement d’origine. Ce n’est qu’une fois traitées qu’elles peuvent migrer vers la mémoire narrative et donc être verbalisées. Les sensations corporelles et les émotions négatives qui leur étaient associées disparaissent.        <br />
              <br />
       C’est la raison pour laquelle une séance d’EMDR n’est véritablement terminée que si le patient peut évoquer l’image-cible sans ressentir la moindre tension corporelle. La thérapie EMDR accorde donc une place importante à la résonance physique/somatique de la souffrance psychique. Les aspects somatiques de souvenirs traumatiques sont non seulement systématiquement explorés, mais les sensations qui leurs sont associées peuvent également être des cibles privilégiées des séquences de mouvements oculaires. La capacité associative des sensations avec d’autres aspects importants de l’univers cognitif et émotionnel du patient fait de celles-ci des vecteurs cruciaux de soulagement de la souffrance psychique.        <br />
              <br />
       - <b>Marie</b> a 27 ans, elle est mariée et depuis quelques mois des souvenirs (qui au fond ne l’ont jamais quittée) lui reviennent qui sont relatifs à une tentative de viol dont elle a fait l’objet à 16 ans. Ces idées deviennent obsédantes. Idées intrusives, cauchemars, irritabilité étaient les symptômes récurrents que Marie manifeste lors de la première rencontre. L’ensemble s’accompagne d’un état dépressif encore peu prononcé       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/3392672-4876073.jpg?v=1319836716" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" />
     </div>
     <div>
      Tableau 1 : Evaluations cliniques quantitatives du cas Marie       <br />
       Début de la session	Début de la deuxième séance 	Fin de la troisième et dernière séance       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.rayon-livres.com/cgi-bin/pg-shoppro.cgi?ORD=viewcat&amp;id_category=91">(ce tableau est consultable uniquement en abonnement dans notre version papier, en cliquant ici)</a>       <br />
              <br />
       Nous avons résumé dans le tableau 1 un certain nombre d’indicateurs cliniques mesurés au début et à la fin de la thérapie qui, sur le point évoqué, s’est déroulée sur trois séances de 60 minutes.        <br />
       On peut noter une diminution importante des scores à l’IES et au BDI, de la même manière le SUD (évaluation de la cognition négative) diminue alors que le VOC augmente pour atteindre son seuil maximum à la fin de la troisième séance.       <br />
              <br />
       <b>Eléments de la thérapie EMDR de Marie. </b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.rayon-livres.com/cgi-bin/pg-shoppro.cgi?ORD=viewcat&amp;id_category=91">(Consultable uniquement en abonnement dans notre version papier, en cliquant ici)</a>       <br />
              <br />
       Sur des traumas simples (type 1 ou ESPT), l’EMDR apporte des réponses parfois déconcertantes quant à son efficacité. Sur la cible présentée ici, le cas de Marie s’inscrit dans la continuité de ces patients qui se mettent à élaborer devant un thérapeute toujours intrigué. Car il s’agit bien d’élaboration et de reconsidération de ce qui faisait trauma et qui dès la deuxième et la troisième séance est rangé au rang des autres souvenirs. La patiente s’éloigne de ce qui faisait souffrance, de ce qui pendant des mois ou des années lui collait à la peau comme une maladie dont on ne peut se défaire.        <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       La thérapie EMDR est un protocole de psychothérapie structuré et relativement facile à enseigner. Ce protocole regroupe les principaux éléments de la nouvelle médecine humaniste centrée sur la personne, dont l’influence s’étend rapidement dans les pays anglo-saxons depuis quinze ans, et qui commence à faire ses premiers pas en France.       <br />
              <br />
       Il ne fait aucun doute que la thérapie EMDR doit occuper toute sa place dans le domaine de la prise en charge des victimes. Cette thérapie bénéficie de résultats convaincants, d’études expérimentales contrôlées qui mettent en évidence son efficacité.        <br />
              <br />
       La recherche dans les dix prochaines années devrait se centrer sur les mécanismes d’action de la thérapie EMDR et sur son application à d’autres affections que l’ESPT. Les recherches françaises sont encore trop peu nombreuses, mais la dynamique doit maintenant s’enclencher. On ne peut à cet égard que regretter qu’elle n’ait pas suffisamment convaincu le monde universitaire encore un peu frileux à son égard, confinés dans leurs laboratoire, ces derniers restent souvent de bon théoriciens avec une clinique parfois insuffisante. Mais c’est dans la cadre d’une recherche clinique et expérimentale que l’EMDR trouvera sa légitimité, et pas seulement auprès des praticiens qui a contrario restent souvent dépourvus de connaissances théoriques suffisantes et remises à jour, et qui ne disposent que comme seule preuve de l’efficacité que leur bonne foi et des constats empiriques (les patients guérissent !). Cela est loin d’être suffisant pour convaincre des générations de psychologues et de psychiatres influencées depuis plus d’un siècle par le discours de la psychanalyse. Celui-ci n’est pas à rejeter, bien au contraire, parce qu’un praticien EMDR se doit d’avoir une excellente connaissance de la psychanalyse et de la psychopathologie en général.        <br />
              <br />
       Si l’EMDR est une thérapie intéressante, ce n’est pas seulement parce qu’elle permet de traiter efficacement l’ESPT et d’autres états symptomatiques ; mais aussi parce qu’elle oblige à la confrontation des modèles théoriques au-delà des frontières de la psychologie et de la psychiatrie. Elle n’est pas seulement un enjeu thérapeutique, elle est aussi et surtout un enjeu épistémologique dans lequel notre conscience de chercheur et de praticien ne peut que nous encourager à nous y engager afin de comprendre les processus en jeu, repérer les principes actifs s’ils existent, et contribuer non seulement à l’avancer des connaissances, mais aussi au bien de tous.       <br />
       Les spécialistes de la victimologie et de la sexologie français ne peuvent regarder avec mépris ce qu’apporte l’EMDR. Mais il est vrai que cette méthode se développe vite et l’usage que certains en font reste parfois discutable, surtout lorsque par ailleurs ils ne sont ni psychologues, ni psychiatres, ni reconnus par les organismes légitimes pour enseigner l’EMDR.        <br />
              <br />
       A n’en pas douter, les praticiens et les chercheurs trouveront dans cette nouvelle forme de thérapie un intérêt clinique et un questionnement théorique qui ne pourront que les enrichir, à condition de ne pas réduire cette approche thérapeutique à une simple technique qu’il suffit d’appliquer naïvement. Il est impératif pour les praticiens de mener une réflexion sur l’intégration de cette approche dans une prise en charge globale. La thérapie EMDR ne doit pas devenir le nouveau mythe psychologique du XXIe siècle ! Ce serait là la pire des choses qu’il pourrait lui arriver. En revanche, pour des raisons trop longues à développer ici, cette approche nous amène à un questionnement de fond sur ce que devient la psychothérapie.        <br />
       Débat théorique, questionnement épistémologique et ouverture théorique ! Espérons que le propos saura être contenu et que le débat idéologique ne s’en mêlera pas. Celui-ci pourrait alors prendre la forme d’une dénonciation sans connaître ou d’une idolâtrie naïve et stupide. La question est plus large et plus complexe.       <br />
              <br />
       <b>Cyril Tarquinio</b>       <br />
       Psychologue à Algrange (57), Docteur en Psychologie, Professeur des Universités       <br />
       Directeur du Master psychologie de la santé       <br />
       Directeur des DIU de Sexologie, Psychothérapie EMDR et Psychothérapies alternatives de l’UPV de Metz       <br />
       Praticien EMDR, superviseur en formation       <br />
       Université Paul Verlaine de Metz       <br />
       Unité de recherche APEMAC UE 4360 - Equipe EPSAM        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/3392672-4876106.jpg?v=1319837368" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme (saison 2). Cyril TARQUINIO Revue Sexualités Humaines" />
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Diffusé par hypnose-ericksonienne.org</div>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/imagette/3392672-4876057.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.hypnose-ericksonienne.org/EMDR-et-prise-en-charge-du-psychotraumatisme-saison-2-Cyril-TARQUINIO-Revue-Sexualites-Humaines_a400.html</link>
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  <item>
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   <title>EMDR et prise en charge du psychotraumatisme. Revue Sexualités Humaines par Cyril Tarquinio</title>
   <pubDate>Thu, 19 May 2011 10:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hannah TEBOUL</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Revue Sexualités Humaines]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cet exposé se fera en deux parties. Voici la première qui, de façon très pragmatique et basée sur les études, va nous permettre d’intégrer les mécanismes de base utilisables de l’EMDR face aux traumatismes sexuels.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/2989043-4249256.jpg?v=1305796449" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme. Revue Sexualités Humaines par Cyril Tarquinio" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme. Revue Sexualités Humaines par Cyril Tarquinio" />
     </div>
     <div>
      <b>1-	Introduction</b>       <br />
              <br />
       C’est un peu par hasard, en 1987, que Francine Shapiro a découvert l’EMDR alors qu’elle se promenait dans un parc. Elle opérait alors des mouvements avec ses yeux (Shapiro, 1989) et observa que les pensées négatives qui étaient alors les siennes semblaient évoluer et se transformer. Ce n’était bien entendu pas les souvenirs ou les pensées qui disparaissaient de la conscience, mais leur charge négative qui commençait à s’atténuer jusqu’à disparaître totalement.        <br />
              <br />
       Stupéfaite par cette sensation qui n’était pas encore une découverte, Shapiro (1989) poursuivit cette expérience en réactivant en mémoire certains mauvais souvenirs en s’imposant en contingence des mouvements rapides des yeux de la droite vers la gauche ou en diagonale. Elle proposa par la suite à des amis et autres collègues de s’adonner à la même situation afin de confirmer ce qu’elle-même avait ressenti.        <br />
              <br />
       Elle demandait ainsi aux volontaires sur quel aspect de leur vie passé ils souhaitaient travailler. Il ne s’agissait pas de souvenirs pathologiques, mais plutôt de dimensions du passé (brimades, humiliations…) qui aujourd’hui encore pouvaient les perturber dans leur vie d’adulte, sans que pour autant cela constitue un handicap à vivre. Afin de « contrôler » la démarche, elle proposa aux sujets de faire venir pour chacun d’entre eux ce souvenir négatif tout en concentrant leur attention visuelle sur le mouvement de va-et-vient de droite à gauche que Francine Shapiro opérait avec ses doigts en prenant soin de « répliquer » ce qu’elle-même avait fait dans le parc quelque temps auparavant.        <br />
              <br />
       Six mois après ses premières observations empiriques et 70 sujets plus tard, Shapiro avait fait évoluer sa démarche, en essayant différents types de mouvements (plus ou moins rapides, plus ou moins amples, horizontaux et obliques), et en demandant aux sujets de se focaliser sur différents aspects des traces mnésiques du souvenir négatif. L’ensemble de ces évolutions a conduit pour tous les sujets à une réduction de la charge négative du souvenir, et surtout à une diminution sensible du niveau d’anxiété provoqué par ces mêmes souvenirs. Elle baptisa la méthode Eye Movement Desensitization (EMD).        <br />
              <br />
       Le changement de dénomination d’EMD à EMDR (Eye Movement Desentization and Reprocessing) est intervenu en 1990, après que la démarche ait pu mettre en évidence des effets de restructuration de la mémoire, d’augmentation du sentiment d’efficacité et de contrôle des victimes, ainsi que d’un traitement plus adapté des événements traumatiques en mémoire. Depuis 1989, de nombreuses publications ont mis en évidence l’efficacité de la méthode EMDR, et en moins de dix ans la thérapie est devenue le mode de traitement psychothérapeutique du PTSD (ou ESPT : Etat de stress post-traumatique) ayant donné lieu à un grand nombre d’études.        <br />
              <br />
       Il y a en effet aujourd’hui plus de publications d’études contrôlées sur le traitement de l’ESPT par la thérapie EMDR que par tout autre type d’interventions cliniques, y compris les traitements médicamenteux (cf. National Center for PTSD). Et les recommandations pour l’usage de cette approche thérapeutique ne manquent pas et proviennent des plus éminentes sociétés savantes reconnues sur le plan international quant à leurs compétences en ce qui concerne la question du syndrome de stress post-traumatique.        <br />
              <br />
       On peut considérer la thérapie EMDR comme une approche intégrative, dialectique et comportementale qui utilise simultanément image, cognition et sensation corporelle. Son usage dépasse aujourd’hui le seul traitement de l’Etat de stress post-traumatique, avec des résultats plus qu’encourageants dans la prise en charge des deuils, des situations conflictuelles, des phobies, de certaines formes de dépression, ou encore dans la gestion de la douleur.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2- Quelques éléments théoriques</b>       <br />
              <br />
       Nous avons fait le choix d’orienter cette présentation autour de deux aspects qui restent selon nous les plus documentés pour expliquer les effets de l’EMDR. Le premier concernera la conception du système de traitement de l’information orienté vers l’adaptation, alors que le second traitera plus particulièrement de la fonction et du rôle des mouvements oculaires.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnose-ericksonienne.org/photo/art/default/2989043-4249428.jpg?v=1305798791" alt="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme. Revue Sexualités Humaines par Cyril Tarquinio" title="EMDR et prise en charge du psychotraumatisme. Revue Sexualités Humaines par Cyril Tarquinio" />
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      <b>1.1.	 EMDR, cognition et adaptation</b>       <br />
              <br />
              <br />
       L’un des supports théorique de l’EMDR est de considérer que le psychisme a la faculté de métaboliser la majorité des vécus traumatiques. Certains vécus vont se figer en souvenirs traumatiques qui, réactivés, déterminent des pensées, des émotions et des sensations pathologiques. Ils s’impriment sur des sites virtuels organisés en réseau de mémoire.        <br />
              <br />
       La première hypothèse de Shapiro &amp; Forrest (1997), qui est à l’origine de cette méthode, se fondait en fait sur les travaux de Pavlov (1927), qui présupposait l’existence dans le cerveau d’un équilibre entre excitation et inhibition, responsable de son fonctionnement normal. Si quelque chose venait provoquer un quelconque déséquilibre, il en résultait une pathologie neuronale, comme un « nœud dans le câblage ».        <br />
              <br />
       Selon Pavlov, pour revenir à l’état d’équilibre et le traiter, il fallait restaurer l’équilibre entre excitation et inhibition. Sur ces bases, Shapiro a fait l’hypothèse que le traumatisme pouvait causer une sorte de surexcitation du système nerveux et que les mouvements oculaires allaient engendrer un effet inhibiteur (ou relaxant) pour la contrebalancer. C’est l’idée d’un traitement adaptatif de l’information conduisant l’organisme à une résolution adaptée, c’est-à-dire à des associations appropriées qui vont permettre au patient de faire quelque chose de ce qui lui est arrivé en transformant et en intégrant dans un nouveau schéma positif et constructif ses cognitions et ses émotions qui guide toute la démarche EMDR (Adaptative Information Processing Model).        <br />
              <br />
       Par exemple, un enfant victime de moqueries dans une cour d’école ou de comportements blessants, sera touché voire perturbé dans son quotidien. Si dans un premier temps il ne cesse d’y penser, cette expérience est le plus souvent digérée et servira de guide pour ses comportements à venir avec ses pairs. Cette expérience une fois élaborée et traitée permet à l’enfant de mieux se connaître et de mieux connaître son environnement social, ce qui le conduit à s’y comporter de manière plus adaptée.        <br />
              <br />
       Ainsi, confronté à une expérience traumatique, le sujet pourra être perturbé jusque dans le fonctionnement de son système nerveux et de ses cognitions. Si l’événement traumatique ne peut être élaboré, il persistera en l’état avec son cortège de symptômes (idées intrusives, cauchemars, sensations physiques…).        <br />
       Cette approche est consistante avec le modèle de traitement de l’information d’Horowitz (1979, 1986) qui conçoit les symptômes post-traumatiques comme une réaction au nombre excessif de données que constitue l’expérience traumatique. L’ESPT découlerait de l’incapacité de la victime à intégrer adéquatement ces nouvelles informations au sein de ses schémas cognitifs antérieurs.        <br />
              <br />
       La résorption des symptômes dépend donc de l’intégration de l’expérience traumatique.        <br />
              <br />
       La trame majeure de la thérapie EMDR peut se résumer de la façon suivante :       <br />
              <br />
       1.	Les réseaux mnésiques sont à l’origine de nos perceptions, de nos attitudes et de nos comportements.       <br />
       2.	Le système de traitement de l’information conduit le matériel dysfonctionnel (qui peut être de nature traumatique) vers une solution.       <br />
       3.	Tout événement stressant petit ou grand peut constituer l’origine d’une pathologie.       <br />
       4.	Une perturbation du système de traitement de l’information empêche le traitement du matériel, ce qui conduit à un stockage non adapté et dysfonctionnel de celui-ci.       <br />
       5.	Lorsque la perception du présent renvoie aux réseaux mnésiques, les manifestations des souvenirs anciens non élaborés (digérés, métabolisés…) réapparaissent.       <br />
       6.	Les manifestations du souvenir non élaborées (digérées, métabolisées…) changent durant le processus de traitement s’orientant vers une solution adaptative (c’est-à-dire positive et optimale pour le sujet).       <br />
       7.	Les nouvelles cognitions, les nouvelles perceptions, valeurs et compréhension du sujet, les changements dans le ressenti, les réactions physiques et émotionnelles sont des conséquences du processus de traitement qui doit conduire à la désensibilisation.       <br />
              <br />
       La thérapie EMDR contient de nombreux éléments qui contribuent aux effets du traitement. Si de nombreuses études ont validé la méthodologie de la thérapie EMDR, il subsiste des questions concernant son mécanisme d’action. Comme nous l’avons évoqué précédemment pour expliquer les effets cliniques de la thérapie EMDR et guider sa pratique, les auteurs se réfèrent à un modèle de traitement de l’information (Shapiro, 2001).        <br />
              <br />
       Or, ce modèle n’est lié à aucun mécanisme neurobiologique précis, dans la mesure où la science est encore aujourd’hui dans l’impossibilité de déterminer ce qui se passe, au plan neurobiologique, au cours d’une psychothérapie quelconque (comme pour beaucoup de traitements médicamenteux).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2.2. De la fonction des mouvements oculaires</b>       <br />
               <br />
       L’attention des chercheurs s’est surtout portée sur les mouvements oculaires (et d’autres formes de stimulation bilatérale) susceptibles de constituer l’un des principes actifs de la démarche. Un parallèle est à faire avec ce qui se passe dans le sommeil à mouvements oculaires rapides (Rapid Eyes Movement - REM).        <br />
       En effet, les mouvements oculaires rapides surviennent au cours des états de rêve et il existe de plus en plus de preuves montrant que le rôle des rêves est d’élaborer et de digérer psychiquement les vécus de la vie réelle (Carskadon, 1993).        <br />
              <br />
       Il semble que lorsque des souvenirs pénibles apparaissent dans les rêves, les mouvements oculaires rapides induisent un effet de détente qui permet le traitement psychique de ces expériences. Un parallèle a été fait avec la théorie de « l’inhibition réciproque » de Wolpe (1990, 1991), que ce dernier considérait comme responsable du soulagement de l’anxiété dans son traitement systématique de désensibilisation.        <br />
              <br />
              <br />
       Cyril Tarquinio pour la <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Revue-Sexualites-Humaines_l5.html">Revue Sexualités Humaines</a>       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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