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par Laurence ADJADJ

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La créativité attentive : « Transe-former » les enfants par la psychothérapie. Revue Hypnose & Thérapie Brêve

Article de Julie Linden nous montre sa pratique de l'hypnose avec les enfants, et nous expose une riche conception théorique qui intègre le traumatisme comme une occasion pour apprendre.



La créativité attentive :  « Transe-former » les enfants par la psychothérapie. Revue Hypnose & Thérapie Brêve
Qu’est-ce que l’hypnose ?


On a souvent dit que les enfants sont les meilleurs sujets hypnotiques. Il est important de comprendre ce qui est signifié par le terme d’hypnose, dans le but d’apprécier l’importance, pour le traitement des enfants, d’avoir cet outil dans le cartable du thérapeute. Il y a eu beaucoup de tentatives pour décrire l’hypnose, et la plupart des définitions s’accordent sur le fait que trois qualités doivent être présentes pour pouvoir parler d’état hypnotique : l’absorption, la suggestibilité et la dissociation.

L’absorption est une très grande focalisation, aussi bien interne qu’externe. Imaginez un enfant absorbé dans la lecture d’un bon livre, jouant à un jeu vidéo ou à un jeu de société avec des amis, ou si profondément dans ses pensées que la voix de maman qui l’appelle pour manger n’est pas entendue. Les enfants ont de tels moments de profonde concentration, où leurs cerveaux sont dans un état particulièrement réceptif.

Cette absorption peut favoriser un état de conscience dans lequel les capacités critiques sont temporairement « suspendues », rendant un enfant suggestible. Cela signifie que l’enfant est réceptif à la suggestion si celle-ci est acceptable. Cela est particulièrement vrai si elle est originale (capturant ainsi leur attention) ou si elle crée un état dissociatif plus profond.
L’absorption des enfants dans leur imagination peut être considérée comme un état dissociatif survenant naturellement. Sugarman et Wester proposent « que l’hypnose est l’engagement de ces processus créatifs subconscients », faisant référence aux activités oniriques diurnes et nocturnes qui occupent l’esprit en développement de l’enfant. La recherche sur les effets de programmes télévisuels violents, dont les parents craignent que leurs enfants imitent ce qu’ils voient et entendent, se porte sur les facteurs d’absorption et de suggestion.

Le troisième élément, la dissociation, est habituellement défini comme une prise de distance par répression d’affect (insensibilisation), de la pensée (distraction), ou du comportement. Il peut inclure également de la dépersonnalisation (expérience hors corps) ou de la déréalisation (impression de « vivre dans un rêve »), des amnésies (« temps manquant »), des automatismes (par exemple, du somnambulisme) ou des états de fugue. Si nous examinons l’état de choc biologique, lors duquel le flux sanguin et l’oxygénation des cellules sont interrompus, nous pouvons observer la réponse naturelle physiologiquement déterminée du corps aux accidents graves et autres événements traumatiques.

Dans la première période du choc, le cerveau semble induire de la dissociation dans le but d’aider l’esprit et le corps à composer avec l’expérience bouleversante. Les gens rapportent ainsi le phénomène dissociatif précédemment décrit : « Je me sentais hébété et désorienté », « comme si le temps s’arrêtait », « la scène se répétait encore et encore », « je ne savais pas si ce qui arrivait était réel ou imaginaire ».

En fait, beaucoup des symptômes constatés lors d’une transe négative ou lors de ce qui a été appelé des effets négatifs (vertiges, céphalées, confusion, désorientation, anxiété ou panique, difficultés à se réveiller, distorsion des perceptions) sont les mêmes que ceux présents durant la première phase d’un état de choc biologique. L’hypnose présente de nombreux parallèles avec l’état de choc, avec un élément qui les différencie. Lorsqu’elle est utilisée cliniquement, l’hypnose aide l’esprit et le corps à utiliser l’absorption, la suggestibilité et la dissociation pour guérir ou se sentir mieux. En fait, on pourrait penser l’hypnose comme une re-création voulue par les systèmes automatiques corporels au service de leur propre réparation. Comme un système de sécurité intégré.

Cerveau et comportement

La recherche sur le cerveau et les théories concernant le comportement, la cognition et les émotions ont grandement contribué à notre compréhension du phénomène hypnotique. Inversement, l’utilisation des paradigmes hypnotiques par la recherche a accru notre compréhension de comment le cerveau et l’esprit fonctionnent. Plusieurs domaines de la recherche présentent un intérêt particulier pour notre étude de l’hypnose.

La plasticité cérébrale se réfère au fait que le cerveau et le système nerveux changent en fonction de l’expérience. De nouvelles cellules, de nouveaux dendrites, de nouvelles synapses peuvent se développer et former de nouvelles connections dans toutes les parties du cerveau, et ceci semble se produire tout au long de la vie. Par exemple, le cerveau peut être habitué à ce que nous écrivions avec notre main droite, mais si nous nous fracturons cette main, le cerveau, par la répétition, peut développer de nouveaux circuits moteurs neuronaux qui nous permettront d’écrire avec la main gauche.

L’habitude de se ronger les ongles peut exister, mais la plasticité cérébrale suggère que nous puissions développer une nouvelle habitude de prendre soin de nos ongles. Notre nouvelle compréhension de la neuro-physiologie nous procure une base scientifique pour expliquer que des changements puissent survenir avec la suggestion hypnotique.

Une autre découverte scientifique est que nous possédons tous des neurones miroirs. Un neurone miroir s’allume aussi bien lorsqu’un enfant effectue une action que quand cet enfant observe la même action faite par une autre personne. L’hypothèse actuelle est que nous pourrions apprendre des compétences sociales et langagières de cette manière. Par exemple, le petit enfant observe un parent sourire, et des neurones miroirs aident ensuite l’enfant à imiter ce sourire. Certains théoriciens se demandent si des neurones miroirs sont en jeu dans la construction de l’attachement. Dans le champ de l’hypnose, on considère que les neurones miroirs seraient importants dans la construction du rapport.

Avec les enfants, la réussite de l’hypnose dépend de celui de la relation que nous construisons avec eux. Les neurones miroirs pourraient également être importants dans l’établissement de nouveaux patterns respiratoires et de patterns de relaxation. Un des premiers « jeux » auxquels je joue avec les enfants anxieux est le jeu des poupées Raggedy . Je me comporte comme une poupée de tissu molle, décousue et relaxée. L’enfant lève mon bras et découvre que celui-ci retombe quand il le lâche. Je fais ensuite de même avec leur bras.

Habituellement les enfants anticipent que je vais lever leur bras, et utilisent leurs muscles pour m’aider. Cela prend quelque temps pour qu’ils arrivent à imiter un laisser-aller complet de la tension musculaire, mais une fois qu’ils y sont parvenus, ils peuvent facilement se relaxer. Les neurones miroirs les aident à apprendre, et ensuite, grâce à la suggestion, une réponse conditionnée est développée.

Par ailleurs, un autre aspect intéressant de la recherche esprit-corps est notre compréhension que les gènes paraissent capables d’être activés ou désactivés. Le travail d’Ernest Rossi sur la génomique examine certaines hypothèses faites à propos des gènes, et qui concerneraient l’effet que pourraient avoir sur les gènes la suggestion et le langage hypnotique qui parviendraient au cerveau, que cela soit consciemment ou inconsciemment.

Quand les cancérologues travaillent avec des enfants et font des suggestions qui encouragent le cerveau et le corps à être débarrassés du cancer, c’est avec l’espoir que peut-être un gène contrôlant la croissance du cancer sera désactivé. Cette science est trop récente pour nous dire quand cela fonctionne, et faire de telles suggestions positives capitalise sur ces nouvelles connaissances de la régulation génique.

La science du comportement, des émotions et de la cognition humaines a une longue histoire. Cette science nous enseigne que le cerveau est tout à fait remarquable dans sa capacité à la fois à séparer et à intégrer des perceptions et des significations, à stocker de la connaissance, à garder ou à décharger des souvenirs, et à coordonner tout cela avec le corps. Avec les enfants, je décris souvent cette spécialisation du cerveau en me référant au « cerveau sensible », au « cerveau pensant », au « cerveau mémoire » et au « cerveau image ». Pour le thérapeute, ce langage devient un rappel de l’importance qu’ont les modalités sensorielles.


Histoire de cas



Voici un exemple d’un tel langage utilisé avec des suggestions hypnotiques imbriquées, celui de Sarah, 9 ans. Elle avait eu une maladie chronique avec des difficultés respiratoires qui la rendaient fréquemment anxieuse après juste une simple infection virale. Cette visite s’est déroulée peu après un méchant rhume ayant duré quelques jours.

Thérapeute : « Sarah, te souviens-tu quand tu jouais au foot avec ton équipe le mois dernier ? Peux-tu utiliser ton “cerveau mémoire” et aller au match du mois dernier dont tu m’as parlé ? »
Sarah : fait oui de la tête.

T. : « Très bien. Et en utilisant ton “cerveau image”, regarde l’image de là où tu te trouvais quand l’équipe a gagné, et que tu étais si heureuse. Regarde les détails de cette image, les couleurs, le terrain de football, et les gens qui regardent le match. Prends juste en toi tous les détails de l’image, lentement et facilement, et tu peux souffler pour enlever tout ce que tu ne veux pas dans cette image. Tu peux utiliser ton “cerveau sensible” et respirer dans l’excitation et la joie de cette image. Tu peux sentir comme si ton excitation passait à travers ta peau et allait directement vers ton cœur joyeux. Ton “cerveau sensible” peut apprécier que ton “cerveau image” partage avec lui. Est-ce que c’est cela qui se passe en ce moment ? »
Sarah : approuve en souriant.

T. : « Et je me demande ce que ton “cerveau pensée” est en train de dire pendant que tu regardes cette image de plaisir et de succès, que tu inspires chaque souvenir de la réussite et de la victoire de l’équipe ? Est-il est en train de dire “Nous sommes les meilleurs” ? »
Sarah : « Nous méritions de gagner. »

T. : « Oui, c’est vrai. Vous avez travaillé et joué avec beaucoup de motivation et vous avez mérité de gagner. Et ton “cerveau mémoire” peut garder ce message avec toutes les bonnes sensations qui te remplissent à chaque fois que tu respires, et qui gonflent de fierté ta poitrine. »


Hypnose et développement de l’enfant

Maintenant que nous avons expliqué ce qu’est l’hypnose, et que nous avons commencé à examiner la science de l’esprit-corps, tournons notre attention vers l’utilisation de l’hypnose avec les enfants. Qu’est-ce qui les fait être de si bons sujets hypnotiques ?

Il y a une progression développementale de notre capacité hypnotique, de la naissance jusqu’à l’âge adulte. Rappelons que le cerveau se développe également dès la naissance, avec le cortex préfrontal, lieu le plus probablement responsable des aspects « observateur critique » et « conscience de soi » de notre esprit. Les petits enfants répondent aux paroles calmantes, aux berceuses et aux caresses en entrant, beaucoup plus que les animaux, dans des « états hypnotiques ».

La relaxation la plus élémentaire peut être considérée comme une transe ou un état hypnotique survenant naturellement. Respirer profondément, lentement et régulièrement avec un petit enfant peut produire des états d’absorption et de relaxation. On parle parfois à ce sujet de protohypnose.
En développant le langage et les compétences sociales, l’enfant de classe maternelle entre en transe par l’engagement de son imagination. Josephine Hilgard a forgé le terme d’engagement imaginatif’ pour décrire l’expérience hypnotique chez les enfants de 4 à 6 ans.

Elle a compris l’hypnose comme étant une extension de leurs idées (focalisation sur leurs jeux et leurs apprentissages) et de leurs rêveries habituelles. Les enfants ne traitent pas la réalité comme le font les adultes. Ils ont des inhibitions qui sont limitées, un enthousiasme pour l’apprentissage, et sont attirés de manière fascinante vers la croissance dans tous les domaines. Les enfants utilisent tous leurs sens lorsqu’ils absorbent et apprennent à manipuler l’énorme quantité d’expérience qui commence à la naissance.

Ils vivent les émotions avec intensité, ne sont pas encore conditionnés par la société à cacher ou émousser leurs émotions, et sont ainsi portés à des tendances régressives plus importantes. L’aspect concret de leur pensée littérale, leur capacité à s’absorber et à imaginer sont les qualités qui les font être de si bons sujets pour l’hypnose. La recherche montre que la capacité hypnotique présente un maximum entre 9 et 12 ans, et tend ensuite à diminuer tandis que le raisonnement abstrait se développe et que le cortex préfrontal prend le dessus.

Ainsi, l’enfant à la période de latence, avec le langage et la personnalité bien sur leurs rails sur le plan développemental, mais avec un cerveau qui n’est pas encore baigné par les sécrétions hormonales de l’adolescence, a la possibilité de naviguer de manière fluide entre conscient et inconscient, entre réalité et jeu, montrant de l’absorption, de la suggestibilité et les perceptions perceptuelles de le dissociation, c’est-à-dire ce que nous appelons un état hypnotique.

La plupart des cliniciens attribuent aux jeunes enfants un dénominateur commun de caractéristiques hypnotiques. Les enfants sont vraiment littéraux dans leur compréhension du langage. Les cliniciens doivent par conséquent utiliser un langage simple et le faire avec précaution. Ils doivent s’imprégner de ce qui est familier à l’enfant, dans la réalité comme dans l’imaginaire, et s’imprégner des conceptions que l’enfant a sur le monde.
Les enfants semblent préférer un style hypnotique paternaliste, c’est-à dire qui structure l’expérience en apporte des conseils imprégnés de leurs préférences personnelles, de manière à ce qu’ils aient du choix. Ajoutez à ce type de relation des compliments pour leurs réussites, beaucoup d’humour, et vous avez les ingrédients pour une expérience hypnotique réussie.


Rédigé le 19/05/2011 modifié le 19/05/2011


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Dernière Mise à Jour du site: 12 Septembre 2017